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Les Présidentielles de 2012, élection punitive ?

Les français votent souvent « en réaction à » et rarement « pour ». On le sait depuis longtemps. Les cohabitations, les grandes débâcles…

Les français votent souvent « en réaction à » et rarement « pour ». On le sait depuis longtemps. Les cohabitations, les grandes débâcles des régionales, à gauche comme à droite. Notre fort bipartisme joue beaucoup au vote sanction, l’alternance se présente comme une alternance réactive, punitive.

Et 2012 ne semble pas s’annoncer comme révolutionnaire. La politique désastreuse de Sarkozy, et le contexte économique mondial ne semblent pas permettre une autre issue qu’un vote sanction, qui risque cependant, en possible remake de 2002, de propulser un membre de la famille Le Pen au second tour.

Pourtant, en 2007, le Front National faisait (en excluant les élections européennes) l’un de ses plus mauvais scores depuis 1988. Les élections de 2007 étaient des élections de rêve, dans le sens où, pour la première fois (en tout cas de ma courte existence), les élections n’étaient pas une sanction du pouvoir en place, mais proposaient aux français des visions de la société, des espoirs, du fond, des valeurs.

Si l’issue de l’élection n’a pas été révolutionnaire – un traditionnel duel droite conservatrice / gauche socio-démocrate – la campagne fut elle intense : primaires socialistes et vision rassembleuse de Ségolène Royal, et émergence d’une troisième voie centrale avec François Bayrou. Jusqu’au dernier moment, l’issue du scrutin restait indécise. Et le Front National était réduit à portion congrue, invisible, inaudible.

Mais Ségolène Royal s’est ridiculisée en fin de campagne et n’a su fédérer au parti socialiste. Après la défaite, le parti s’est divisé, et n’a pas su, en cinq ans, se reconstruire. François Bayrou a également échoué dans sa construction d’un centre indépendant avec le Mouvement Démocrate. L’adéquation entre valeurs républicaines et organisation du pouvoir au sein d’un parti est souvent difficile… Le Front National a lui peu a peu retrouvé ses esprits, du fait de la politique parfois extrême du Président de la République, et l’intronisation de Marine Le Pen a apporté le renouveau dont avait besoin le parti pour espérer pouvoir perdurer.

Il y a également l’énigme écologiste. Après les remous provoqués par la potentielle candidature de Nicolas Hulot en 2007, la mouvance écologiste a su s’organiser pour les européennes en 2009, puis les régionales en 2010. Allant même jusqu’à dépasser un Parti Socialiste amorphe dans de nombreuses régions. Porteur d’espoir comme peu d’autres, bien loin du moralisme des anciens Verts, le nouveau parti « Europe Ecologie – Les Verts » n’a cependant visiblement pas réussi à créer la structure capable de soutenir cette lourde charge. Et le choix quasi acquis d’Eva Joly en représentante du mouvement pour 2012 fait figure d’erreur stratégique. La plus intègre des candidats à l’élection n’aura ni le potentiel sympathie ni le charisme, ni l’expérience terrain et populaire nécessaire pour gagner…

Alors que reste-t-il pour 2012 ? Où sont les projets d’espérance ? Où est le « Yes we can » français qui permettra de faire rebondir une France déboussolée par cinq années de provocations, de ridicule, de déconstruction de l’idéal républicain pourtant fortement défendu pendant la campagne ?

Si aucun projet ne se dégage, si aucun candidat ne prend les choses en main, alors nous nous approchons lentement d’une réélection en fanfare de Sarkozy. Soit lors d’un deuxième tour classique face à un Parti Socialiste divisé ; soit face au Front National, dans un contexte nauséabond et annonciateur de cinq années au cours desquelles la France confirmera aux yeux du Monde, de l’Europe, de ses propres citoyens, sa lente déliquescence.

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